Cabbale.org

Le Mystère de la sexualité du Cantique

Le Cantique des cantiques livre I

© C. Le Moal votre guide du Jeu.


Le Mystère occulte du Cantique des cantiques.

Je vous offre l’exégèse effectuée par un alchimiste normand Jean Vauquelin des Yveteaux au 17ème siècle, et que, portion par portion, je vous restitue dans son jus.

  • François de l’époque et son orthographe.

Bien que je partage une bonne part des analyses de ce gentilhomme alchimiste Jean Vauquelin des Yveteaux, l’autre part que je ne partage pas vient de connaissances qui n’étaient pas encore accessibles à notre brave alchimiste, et qui lui ont manifestement fait défaut.

Mais il ne s’agit là que de divergences de puriste, pour l’essentiel, ce remarquable travail est digne d’intérêt pour tout joueur du Jeu de la Cabbale.



Salomon et l’alchimie, versets 1.1, 1.2

Livre d’Alchimie et d’amours

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon.

1.2 Qu’il me baise des baisers de sa bouche. Tes amours sont plus délicieuses que le vin ;

ce terme qui signifie Baiser, est exprimé au pluriel dans l’hébreu, ce qui indique des baisers reiteréz et sans nombre, affin que cette epouse puisse dire comme il est dit dans le Pseaume 119v ; 131. J’ay ouvert ma bouche et j’ay attiré l’esprit en moy, en sorte que nous ne soions plus qu’un.

Il faut donc quantité d’esprit volatil à proportion de l’épouse fixe, et qu’il donne plus d’un baiser, affin que le corps devienne un avec luy, et soit spiritualisé par ces baisers qui les unissent.

Le fixe est donc cette epouse vierge qui demande le baiser pur, qu’elle veut recevoir du volatil tout spiritueus que le ciel luy envoie.

Il sont tous deus substances d’unne mesme racine, frere et seur, époux et épouse, enfans de la nature qui les produit, eau crüe et eau cuitte qui tirent leur origine de l’eau.

Mais il n’appartient pas à une epouse souillée de recevoir le baiser de la bouche d’un epoux si pur ; il faut auparavant qu’elle soit nétoiée et purgée de sa main, et disposée à recevoir ce baiser par un estat qui la rende exempte de tache, et que d’ailleurs elle soit vuide de toutte attache qui en soit separée, qu’elle se trouve dans une mortification et aneantissement d’elle mesme, que par la secheresse et privation de toutte autre chose adherente il n’y ait que son unique et ardente appetence qui puisse luy attirer le rafraichissement apres lequel elle soupire, pour se desalterer d’unne eau si spirituelle et celeste.

L’object de son desir estant uniquement spirituel, pour union toutte spirituelle, il n’en peut resulter et estre produit dans la nature, non plus à proportion que du baiser de la grace, qu’une lumiere et une onction bienfaisante. Car ce baiser donne esprit et vie, en spiritualisant la matiere dans l’oeuvre naturel, et en divinisant pour ainsi dire l’ame dans l’oeuvre spirituel du salut par l’union de l’ame à Dieu par Jesus Christ, de mesme que le corps élementaire est rendu celeste et spiritueus par le véhicule de la lumiere, cet agent du seigneur par lequel il perfectionne toutte sorte de matiere.

Le terme hebreu qui signifie amour signifie mamelles, par metaphore. Et ce laict de l’epoux que l’epouse desire et dont elle est preste de s’enyvrer, est nommé laict de vierge par les philosophes naturalistes.

Il est dit meilleur que le vin, car si le vin a sa douceur, et qu’il réjouisse le coeur de l’homme, ces agrements ne sont pas de durée, ny si avantageus comme celuy que procure le laict de la sagesse, dont elle nourrit et fortifie ses enfans , qui sont ceus des mages. Il est le vehicule de ce beaume precieus et celeste, dont l’odeur enchante et enleve vers luy sa charmante épouse.

C’est ce qui fait que dans la sublimation phisique le corps est volatilisé apres sa purification et sa separation des superfluitéz adustibles.

Cette séparation des surperfluitéz adustibles s’est faitte par la calcination dans la fournaise de l’epreuve dont la chaleur n’epargne que l’incombustible, apres quoy cet incombustible vraie appette l’epoux celeste de sa nature, et en demande les baisers qu’elle savoure comme un laict plus delicieus que le vin.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, versets 1.3, 1.4

Livre d’Alchimie et parfums de l’épouse dans le Cantique de Salomon

De Jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite II.

1.3 l’arôme de tes parfums est exquis ; ton nom est une huile qui s’épanche, c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.

L’effusion de ce beaume est penetrante et la disposition que l’epouse (quoyque souilée et défigurée en apparence) a d’en estre embaumée, est un autre parfum qu’elle possede, et qui luy a esté donné par la toutte puissance du pere, de qui elle tient, et qui l’a fait naistre en elle. C’est ce qu’elle repend comme fist la Madelene aus pieds de l’epoux ou sur sa teste, et ce qui la fait courir apres celuy de l’epoux, dont elle est elle mesme en cela l’aiman, et l’objet de sa tendresse.

Elle demande d’estre entraisnée, et l’est effectivement, car le corps sans l’esprit ne peut estre élevé, et saint Paul ne disoit il pas : « qui est ce qui me délivrera de ce corps de mort ? » et David, pseaume 141, s’écrie : « faittes sortir mon ame de sa prison ». Il est dit dans saint Jean : « sans moy vous ne pouvéz rien faire », et les philosophes d’un stille plus rampant disent que la poulle a besoin du coq, et que l’esprit crud extrait l’esprit digeste, non seulement dans la dissolution ; mais l’esprit exalte et sublime le corps, le volatil le fixe et l’élève à sa perfection « ut fiat filius philosophorum ».

Ces jeunes filles, ces compagnes de l’epouse, de cette vierge, sont les autres parties moins parfaittes du mesme sujet qui l’accompagnent.

On pouroit l’entendre des mineraus, vegetaus et animaus, lesquels à son exemple courent à l’odeur des parfums de cet epoux universel. Mais cette epouse seulle demande d’estre entrainée, quelque violence qu’elle semble recvoir ; et quoy que cet epoux luy face, soit en l’ambrasant, la brulant et la tourmentant, elle ne veut point qu’il la laisse seulle, elle a besoin de la main de l’époux pour aller jusques à luy, affin qu’il l’éleve à l’estat de pureté.

Nous pouvons icy faire l’application de l’aiman des philosophes et de leur acier, car ils n’entendent autre chose par là que cet epoux et cette epouse. C’est pourquoy elle dit dans le verset suivant :

1.4 Entraîne-moi sur tes pas, courons ! Le roi m’a introduite en ses appartements ; tu seras notre joie et notre allégresse. Nous célébrerons tes amours plus que le vin ; comme on a raison de t’aimer !

L’epouse demande d’estre introduitte dans le cellier, reservoir du vin le plus delicieus, affin qu’elle puisse gouter du meilleur, et qu’elle puisse s’en enyvrer tout à son aise. Ce meilleur est l’époux luy mesme, à l’exclusion de tout autre. C’est le laict de l’epoux, prix et recompense de l’ardant amour que l’epouse a pour luy, elle dont le coeur est droit et élevé vers luy, qui vient d’en haut et qui l’y éleve.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, verset 1.5

Livre d’Alchimie et filles de Jérusalem dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite III.

1.5 Je suis noire et pourtant belle, filles de Jérusalem, comme les tentes de Qédar, comme les pavillons de Salma.

Les philosophes apellent noir tout ce qui n’est point lumineus et qui cache la lumiere qu’il renferme, et l’epouse s’adresse aus filles de Jerusalem pour leur faire faire cette attention.

Jerusalem fut fondée par Melchisedec, mais la Jerusalem celeste l’a esté par le grand Prestre, que l’Ecriture dit l’estre selon son ordre. Jebus est le nom que cette ville portoit avant celuy de Salem, d’où venoit le nom de Jebuseen, que saint Jerosme dit n’avoir pû estre chassés par les Juifs. C’est la terre promise qu’il faut conquester.

Cette Jerusalem indique donc et la celeste et la sruceleste, où tous doivent estre beatifiés, située sur les montagnes avec son temple plein de la majesté de Dieu : lieu choisi par le Seigneur, affin que son nom y fust eternellement.

On ne monte point en ce lieu élevé si l’on n’est privé d’ignorance et de pechés, indiquéz par les aveugles et les boiteus qui n’y entreront point.

Faittes donc attention aus trois temples du Seigneur, dont les Juifs se vantoient d’estre en possession à Jerusalem, quand il est dit dans Jeremie : « Templum domini templum domini, templum domini est » Ce temple de Jerusalem estoit basti sur le modelle de l’arche et du tabernacle, images de celuy qui n’est point fait de main d’homme, dont l’apostre parle en disant : « Tabernaculum non manufactum et c. »Temples où la gloire de Dieu se manifeste visiblement et d’où se puise sa vertu qu’il y a déposée. Car il est auteur de la nature aussy bien que de la grace.

Les tentes de Qédar sont celles des Arabes, noires par dehors et tissues de poil de chevres mortes, brulées et roussies du soleil, exposées aus injures du temps. Cependant leurs princes logent dedans, et ils aiment à les habiter. L’epoux aime aussy autant la demeure de son epouse que si elle estoit autant superbe et éclatante que la parure et l’ornement luy mesme.

Cette epouse est noire de la fumée elementaire et mondaine, accause de la residence qu’elle y fait, et par sa propre misere dont elle est envelopée. Mais elle devient belle et purifiée par l’esprit de son epoux.

Aaron et marie sa seur mumuroient de ce que Moïse (qui parut si raisonnant de lumiere) eust pris une AEthiopienne pour femme.

La reine de Saba vint voir et s’en retourna toutte illuminée de la gloire de Salomon. Ce sont les plus grandes loüanges que l’on puisse donner à une épouse qui tire tout son lustre de son epoux, lequel par son union et ses frequentes visittes blanchit et illumine la terre vierge qui auparavant estoit sous une apparence salle, difforme, obscure et si noircie de la fumée et de l’action du feu qui l’avoit preparée.

Le feu est le soleil du philosophe, vicaire du celeste, dont l’eccitation exterieure ne laisse pas d’ecciter et animer le feu interieur de la matiere, qui est icy regardée comme l’epouse noircye au soleil duquel elle a esté esposée à decouvert dans sa plus grande ardeur.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, verset 1.6

Livre d’Alchimie et la vigne dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite IV.

1.6 Ne prenez pas garde à mon teint basané : c’est le soleil qui m’a brûlée. Les fils de ma mère se sont emportés contre moi, ils m’ont mise à garder les vignes. Ma vigne à moi, je ne l’avais pas gardée !

C’est le sujet de l’art ou la seconde matiere des philosophes exposée à l’ardeur du soleil dés sa jeunesse, car dans son origine et dans sa pureté sans melange elle n’estoit pas noire. Mais aiant esté corporifiée, elle a esté brulée du soleil. Car la semence tombée parmy les pierres dont il est parlé dans l’Evangille fut brulée et calcinée par le soleil, ce qui l’empecha de fructifier fautte d’humidité.

Ses ennemis l’ont establie pour garder leurs vignes (car elle peut appeler ennemis ceus qui ne l’emploent pas à l’usage où la sagesse l’a destinée) : elle n’a pas gardé sa vigne, fruict du paradis terrestre, lequel accause de cela n’est point venu à maturité, c’est à dire à sa perfection. Le feu ou soleil qui en est le principe, est la puissance du pere, qui a livré son propre fils aus persecuteurs. Ce soleil a noircy l’epouse dans les matieres differentes et specifiées, et dans la moins determinée elle paroist noire en presence de son soleil dont la splendeur eclipse ce qu’elle a de lumineus.

Le vignoble est le lieu ou croist la vigne. Le monde est le vignoble, dont nous sommes les serments de cette vigne au travers du tronc de laquelle nous devons fructifier, en y restant attachéz. Noé, peu esperimenté en l’usage du vin que cette vigne produit, s’en enyvra. Noé, apres la purgation et destruction faitte par l’eau de la race mauditte, accause du peché du premier pere et du fraticide, decouvrit sa honte, ce qui fut cause que son fils Cham (calor) s’en moqua, et luy lia ou couppa les genitoires. Mais Noé pretendant faire des enfans exempts de punition lorsqu’ils percheroient, et pretendant que canaham seroit de cette nature, il le maudit accause qu’il avoit esté occasion de cette pensée, et affin qu’il fust corrigé et amandé par cette soumission à ses freres à laquelle il l’assujetit. Cela a donné aux Ægiptiens de dire que Tiphon avoit demembré Osiris et jetté sa partie genitalle dans le Nil. Car l’eau purge la sulphureité excrementeuse que le feu fait paroistre dans la calcination. Cette eau par la beauté de sa vertu recouvre et cache cette laideur honteuse. L’eau pleine d’efficace repare l’immondicité produitte par le feu de la calcination.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, versets 1.7 et 1.8

Livre d’Alchimie et coeur aimant dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite V.

1.7 Dis-moi donc, toi que mon coeur aime : Où mèneras-tu paître le troupeau, où le mettras-tu au repos, à l’heure de midi ? Pour que je n’erre plus en vagabonde, près des troupeaux de tes compagnons.

La forme est l’epoux qui paist ses troupeaux dans les pasturages de la science et de la sagesse, où le midy regne, c’est à dire le soleil éclatte et éclaire dans la plus grande splendeur de sa gloire pour connoistre la vérité. Mais comme il y a une lumière fauce aussy bien qu’il y en a une véritable, prenés garde de vous laisser éblouir par l’éclat de la fauce lumière des choses particulieres, et pour l’eviter allés jusques à la source de la veritable.

Le mercure dit vif argent, l’or vulgaire ont leur lumière, qui éblouit d’abord les novices de cet art ; mais elle est fauce aussi bien que celle de tous les estres materiels specifiéz. C’est dans les tenebres qu’il faut chercher la veritable lumière ; elle y brille sous une apparence abjecte et meprisable, car elle n’y sautte pas aus yeus de tout le monde, y estant absorbée, liée et retenue trop fortement.

Ce midy peut estre aussy consideré pour la chaleur du feu qui fait reposer à midy cet epoux en le fixant ; et ce feu est celuy de nature, lequel agit en ce rencontre aussy bien et plus fortement que celuy de l’art. Et les troupeaus errants, qui sont les vegetaus et mineraus, nouris et entretenus par les eaus courantes, sont sous la conduitte des compagnons de cette eau celeste et spirituelle, après laquelle seulle l’épouse soupire, et dont elle est si empressée de se desalterer, pour s’y unir intimement accause de la verrtu ou lumière qu’elle contient.

1.8 Si tu l’ignores, ô la plus belle des femmes, suis les traces du troupeau, et mène paître tes chevreaux près de la demeure des bergers.

L’epouse est avertie de reflechir sur elle mesme et d’estre attentive à se connoistre et de paistre les jeunes troupeaus spirituels, fussent ils moins purs et plus salles que les boucs. Le sage ordonne de les faire paistre aupres des agneaus et des brebis, affin qu’ils s’accoutument à leur douceur et se facent dignes d’estre receus avec eus à la droitte du Seigneur. Car il faut se peiner à purger ce qui est impur affin qu’il devienne pur et puisse s’unir à la pureté de l’epoux. Ce qui ne se fait ny par violence ny subitement mais peu à peu et doucement, l’elevation du fixe et la reunion des parties homogenes du volatil ne se faisant que l’une après l’autre, ce qui ne se fait que par un mouvement tres dous et tres lent et avec un long temps...


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, versets 1.9 et 1.10

Livre d’Alchimie, char de Pharaon dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite VI.

1.9 A ma cavale, attelée au char de Pharaon, je te compare, ma bien-aimée.

C’est là l’interpretation des Peres ; mais suivant le texte, ce mot « d’assimilavi te » semble dire : Je t’ay rendu semblable et digne d’estre comparée aus chavaus et à l’équipage du char de Salomon. Et ainsi l’on peut dire que la comparaison est plustost pour la vitesse, la volatilité, que pour la beauté.

Nous avons remarqué au commancement de ce traitté que les naturalistes pretendent qu’en ce verset est entendu le sujet de l’art, en l’estat qu’elle est la matiere premiere des philosophes, leur Diane nue, la fille de Pluton, le mercure des philosophes.

Les Arabes estiment plus les cavalles que les chevaus, parce qu’ils les trouvent plus douces et plus de fatigue, et qu’elles endurent plus facilement et plus longtemps la faim et la soif ; qu’elles sont mesme plus vistes, et qu’elles tirent plus également. Ils les aiment mesmes mieus et les caressent plus que leurs femmes.

Les scavants scavent ce que le cheval signifie dans la fiction chymique ou magique, et ce qui estoyt entendu par les chevaus philosophiques de Laomedon, ceus du soleil, ceus de Pluton, de Diomede Etc...Et la difference du cheval à l’asne, qui denotte le fixe, est misterieuse pour denotter le volatil ; et le mulet sorty d’eus indique une nature moienne formée des deus. Nous avons expliqué ce détail ailleurs tres amplement.

Ces chevaus ou cavalles sont atteléz au char de pharaon, qu’ils enlevent, et le char et les chevaus d e cette sagesse qui y triomphe ne font qu’un composé de la matiere premiere des mages. Ces chevaus enlevent dans ce char l’epouse vers son epoux, et ce char est celuy dont Esechiel nous fait la description, sur lequel il faut passer à travers les eaus bourbeuses du monde, dans lesquelles il se faut donner de garde d’estre submergéz, comme l’Ægiptien le fut : c’est pourquoy il les faut passer sans s’y endormir.

C’est icy qu’est exprimée l’union du fixe avec le volatil, apres laquelle le tout devient et est appelé la matière premiere, mercure des philosophes. Apres quoy ils disent : "est in mercurio quidquid querant sapientes, ignis et azot sufficiunt », dont l’opération n’est plus qu’un jeu d’enfant et un ouvrage de femmes.

1.10 Tes joues restent belles, entre les pendeloques, et ton cou dans les colliers

Outre la beauté variée de la tourterelle pleine de douceur uniforme, et les coloris charmants de son col, elle est le simbole de la chasteté, de la fidélité et de la solitude. La rougeur des joües de l’epouse est comparée à la pudeur de la tourterelle dont le col n’a besoin d’aucun ornement, tant il est gracieus et paré de lumiere et de brillants perléz.

Effectivement la blancheur de glace de ce mercure des philosophes ou soufre de nature semble une gorge de tourterelle ou de colombe, ce qui fait que les philosophes l’ont comparée à la queue de paon ou à l’iris, tant on y voit briller de differentes couleurs, c’est l’aes philosophorum.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, versets 1.11 à 1.15

Livre d’Alchimie et philosophe dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite VII.

1.11 Nous te ferons des pendants d’or et des globules d’argent.

Le philosophe qui aura mis la main comme il faut à la chose, entendra asséz cette expression pour en faire une application à sa matiere veritable, qui se dore et s’argente comme un ouvrage de marqueterie, par l’action de l’agent sur le patient et l’operation de l’epoux sur l’epouse, d’où resulte cette apparoissance de clous d’argent exprimée dans l’hebreu, ou pour mieus dire de sinuosité argentées « vermiculatas argento.

1.12 Tandis que le roi est en son enclos, mon nard donne son parfum.

Nous avons dit que le volatil estoit l’or philosophique. C’est le roy chymique ; et c’est lorsqu’il sesse sa volatilité et que sa coagulation commance, qu’il gouste l’aiman de la vierge son epouse avec lequel elle le retient, et c’est ce qui luy fait dire dans le verset suivant :

1.13 Mon bien-aimé est un sachet de myrrhe, qui repose entre mes seins.

Effectivement il se fera une union si estroite des deus, que ce ne sera plus qu’un, et c’est ce qui arive lorsque le fixe areste et fixe le volatil. Car si l’une se qualifie de nard et qu’elle donne à l’autre le nom de bouquet de mirrhe, c’est que leur simpathie est si mutuelle et reciproque que vous ne scauriés discerner dans le moment de la conjonction lequel de cette vapeur ou de cette exhalaison a plus d’empressement de s’unir l’un à l’autre. Car en phisique c’est l’aiman, et l’acier philosophique.

1.14 Mon bien-aimé est une grappe de cypre, dans les vignes d’En-Gaddi.

Le raisin de cypre estoit le plus exquis, et le terroir d’Engaddi le meilleur pour le terrain d’un bon vignoble. Ainsi il n’y a aucun terroir qui convienne mieus à l’arbre metallique que la terre vierge. Sous le nom d’un vegetal est toujours entendu le volatil. C’est pourquoy quand cypri seroit arbrisseau portant parfum, comme quelques uns le pretendent, l’application n’en seroit pas moins à faire à la saturnienne vegetable.

Le mot hebreu « copher » signifie myrrhe plustot que grappe, et l’on dit qu’en Cypre aussi bien qu’en Engaddi, bourg de la tribu de Juda, touttes les haies ne sont que des buissons de myrrhe. Et ce terroir fut si fertille en beaume et en palmiers, que ce fut de là que la reine Cléopatre les fist transporter en Ægipte, où on en cultive encor au grand Caire.

1.15 Que tu es belle, ma bien-aimée, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes.

Cette beauté de l’epouse ne se fait remarquer à l’exterieur qu’apres qu’elle l’a receüe de luy. L’epoux la luy avoit annoncée dans le verset 8ème, et icy il luy fait faire attention sur le changement de noirceur en blancheur etincelante, qu’il luy a procurée par son union et premier baiser.

La chasteté et la simplicité ont toujours esté attribuée à la colombe, et l’oeil est le miroire de l’ame ; ainsi cet oeil brillant et pur est la marque de la simplicité de nostre vierge toutte chste, ne voulant commencer qu’avec son unique epoux dont la première touche l’a rendue si belle.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, versets 1.16 et 1.17

Livre d’Alchimie du lit de verdure dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite VIII.

1.16 Que tu es beau, mon bien-aimé, combien délicieux ! Notre lit n’est que verdure.

Cette epouse raporte à son epoux et à l’union dont il l’a honorée, toutte cette beauté sur laquelle il se vient de recrier, reconoissant qu’elle vient toutte de luy, lequel est tout chargé de cette beauté qu’il a puisée dans le ciel et dans la source des lumières, et qu’il a déposée dans le sein de son epouse, apres en avoir converti la noirceur en blancheur de neige, et l’avoir rendue toutte brillante par son union.

L’epouse invite l(epoux à se reposer en luy faisant observer que leur lict est desjà tout couvert de fleurs. C’est le commancement de la coagulation. Philosophorum filius nascitur in aere. C’est la superficie, et il faut attendre les fruicts que ces fleurs produisent, par le repos de l’epoux, c’est à dire sa coagulation et fixation. Hermes apelle fleur de l’or cette coagulation legere.

1.17 Les poutres de notre maison sont de cèdre, nos lambris de cyprès.

La montagne couverte de fleurs, où se fait cette misterieuse union de l’agent et du patient naturels, n’a que materiaus in corruptibles et de bonne odeur, tels que sont les cedres, sapins, cyprés toujours verds, et qui ne sont sujets qu’à l’agitation des vents. Les lambris variéz qui en sont pour la simple decoration, mais la solidité consiste en ses poutres et solives moins découvertes, mais fermes et incorruptibles, par l’union du fixe et du volatil qui deviennent par là d’une durée eternelle, par leur union inseparable.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, versets 2.1 et 2.2

Livre d’Alchimie et le lis des vallées dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite IX.

2.1 Je suis le narcisse de Saron, le lis des vallées.

Ce champ, comme l’explique l’hebreu, est celui de saron, c’est à dire que l’on doit en chanter les louanges, et la fleur est la rose de cette campagne. Nous avons dit ailleurs ce que les philosophes entendent par la rose et la fleur de sel. Cette rose icy est blanche.

Et quoyque par le lis des vallées les uns veullent que l’on entende la fleur d’iris accause de la bonne odeur de sa racine profonde, à laquelle profondeur ils raportent le mot de convallium, les autres l’interpretent le muguet, d’odeur si charmante, et qui vient naturellemnt dans les broussailles parmy les ronces et les epines dans les bois.

D’autres veullent que l’auteur aie voulu parler icy du lys ordinaire ; mais à le bien prendre dans le sens phisique, il ne faut entendre icy que le lys de l’art, le sujet phisique, dont Paracelse dit que la partie superieure est le lys blanc, la glu de l’aigle, et la partie inferieure est le lys rouge, laton, lion rouge et son sang, la Beia et le Gabritius des sages, de l’union desquels se fait la premiere matiere des metaus.

Lilium convallium alienis spinis circumceptum ut et philosophicum partibus heterogeneis. Lilium ceruleum est iris in quem Aiax conversus, qui insanus ad Troiam intervenit.

C’est de ces lys dont Cortalasseus a tant parlé dans son traitté d’Arca arcani et son Lilium inter spinas, le lili du manuel de Paracelse, et de sa teinture des phisiciens.

Cette fleur peut estre ditte des champs, parce qu’elle y vient d’elle mesme et naturellement, sans opération manuelle de l’artiste, et lis des vallées accause de sa simplicité, et sa pureté. Sapientia est humi moravi, disent les philosophent, et simplicitas veritatis sigillum.

Cette rose de saron, mortuis aeternae vitae munus exhalans, ce lis dont il est dit que par l’arousement des eaus salutaires, il germera comme le lys des vallées.

2.2 Comme le lis entre les chardons, telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes.

Ce que nous avons dit du sujet du verset precedent suffiroit pour l’explication phisique de celuy-cy.

C’est ce lys que les sages ont entouré des haies d’epines et ronces de leurs fictions, enigmes, fables et hyerogliphes. C’est ce lys dont les epines peuvent aussy estre prises pour les calcinations, par où il faut qu’il passe dans la preparation, de mesme que l’ame de l’homme dans les tribulations, où elle est éprouvée comme l’or dans la fournaise ; et cependant il en sort pur comme le philosophique ; ou l’epouse qui ne fait que s’y purifier, et où on la tire seulle pure et incombustible, ce qui n’ariveroit pas à aucunne de ses compagnes si elles étoient mises à pareille epreuve. Cette vierge est cet argentum igne examinatum probatum terae, purgatum septuplum, et les filles icy denommées sont les parties combustibles du mesme sujet, ou les autres estres creés qui font la famille des mineraus, vegetaus et animaus, tous estres specifiéz non susceptibles de pareille epreuve.


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I

Salomon et l’alchimie, verset 2.3

Livre d’Alchimie arbres du verger dans le Cantique de Salomon

Par jean Vauquelin des Yveteaux alchimiste normand


(JPG) lchimie du Cantique des Cantiques, de Salomon suite X.

2.3 Comme le pommier parmi les arbres d’un verger, ainsi mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. A son ombre désirée je me suis assise, et son fruit est doux à mon palais.

L’on scait asséz que le pommier et la pomme qu’il porte ont esté emploiéz par les scavants pour le simbole du sujet des sages, l’arbre metallique, les pommes des Hesperides et c... mais icy l’epouse veux faire voir la difference d’elle à son époux, elle qui ne reçoit sa perfection que de luy, lequel est comme cet arbre de vie de la sainte Jerusalem, ou celuy que David dit estre planté proche le courant des eaus, qui donnera son fruict dans son temps.

De tous les arbres de la forest des sages, c’est le pommier qu’ils cultivent avec attention, dont les feuilles sont pour guerir les nations, et les fruicts pour les combler de douceurs et d’agrements, prerogatives que les fruits ont au dessus des fleurs : si belles qu’elles paroissent, elles ne peuvent que charmer la veüe et l’odorat, mais le fruict est savoureus au goust, utille à la nourriture, et charme les oreilles par tout ce que l’on entend publier, principalement celuy de ce pommier aupres duquel tous les autres arbres sont infructueus en comparaison et par consequent dignes de mepris et de la coignée, à laquelle leur sterilité les a fait condamner pour servir d’aliment au feu, auquel ils ne peuvent resister comme le pommier incombustible dont il est icy question.

L’epouse s’est reposée sous l’ombre de celuy qu’elle avoit desiré. Cet ombre seul la peut proteger, la mettre à couvert, et garantir de l’ardeur des agitations où la suitte du procedé philosophique l’expose. C’est ce seul époux, ce seul esprit qui la remplit, qui luy rend la tranquilité et luy donne de nouvelles forces pour se sublimer et s’élever à une clarification permanente fixe perpetuelle ; et comme nous l’avons desja dit, il ne faut pas oublier que par tout ce qui porte le nom de vegetal, est entendu le volatil, ou l’humide spiritueus.

Le fruict de cet arbre est dous à la bouche de l’epouse, et la desaltere et la nourit comme une mane spirituelle de rosée celeste, ros hermon, dont la secheresse est humectée, son ardeur rafraichie et sa soif desalterée ; elle la remplit d’une douceur admirable qui luy fait mepriser touttes les autres, et de mesme que l’ame ne vit pas du pain seul, lorsqu’elle se rassasie du pain des anges, ainsi cette épouse ne connoist plus d’autre pâsture qui luy convienne, que le fruict de cet arbre, et la douceur de son epoux.

SUITE LIVRET II...


Retour en Haut de page Le Cantique des cantiques livre I


le tarot du sepher de moise


retour à la rubrique : Le Cantique des cantiques
telechargement, telechargement gratuit,cabbale,livre,3ème oeil,jeu dans Le 3eme Oeil et l Infini

Ce site, cabbale.org, met à votre disposition le livre "le 3ème Oeil et l'Infini" en vous offrant des extraits en consultation en ligne, mais aussi, vous permet de télécharger gratuitement l'intégralité du "3ème Oeil et l'Infini" au format pdf.

Consultez le livre : le 3ème Oeil et l'Infini : extraits

Téléchargement : le 3ème Oeil et l'Infini - téléchargement gratuit