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Lettre de Koot’ Hoomi Lal Singh.

Koot Hoomi Lal Singh lettre V : J'ai votre lettre du 19 novembre...

Koot’ Hoomi Lal Singh lettre à A.P. Sinnett


Koot Hoomi Lal Singh :LETTRE N° V.

Mon cher Ami,

J’ai votre lettre du 19 novembre, extraite de son enveloppe, à Meerut, par notre osmose spéciale, et celle recommandée que vous adressiez à notre "vieille dame" a continué sa route, dans sa coquille à moitié vide, jusqu’à Cawnpore, pour la faire tempêter après moi... Mais elle est trop faible pour jouer au postier astral en ce moment. Je suis fâché de voir qu’elle s’est une fois de plus montrée inexacte et vous a induit en erreur ; mais c’est surtout ma faute, car je néglige fréquemment de faire une friction supplémentaire sur sa pauvre tête malade, maintenant qu’elle oublie et mêle les choses plus que d’habitude. Je ne lui avais pas demandé de vous dire "d’abandonner l’idée de la Branche anglo-indienne, parce que rien n’en sortirait", mais "d’abandonner l’idée de la Branche anglo-indienne en coopération avec M. Hume, parce que rien n’en sortirait". Je vous enverrai la réponse de celui-ci à ma lettre et mon épître finale, et vous jugerez par vous-même. Après lecture de cette dernière, voudriez-vous la fermer et la lui envoyer, en mentionnant simplement que vous agissez ainsi de ma part. A moins qu’il ne vous pose la question, il est mieux que vous ne lui fassiez pas savoir que vous avez lu sa lettre. Il en est peut-être fier, mais il ne le devrait pas.

Mon cher et bon ami, vous ne devez pas me garder rancune de ce que je lui dis des Anglais en général. Ils sont vraiment hautains. Vis-à-vis de nous spécialement, ce qui fait que nous considérons cela comme un trait national. Et vous ne devez pas confondre vos opinions particulières, surtout celles que vous avez en ce moment, avec celles de vos compatriotes en général... Peu, s’il y en a (excepté bien entendu les exceptions telles que vous-même, cas où l’intensité des aspirations fait rejeter toute autre considération) consentiraient jamais à avoir un "moricaud" comme guide ou comme chef, pas plus qu’une moderne Desdémone ne choisirait aujourd’hui un Othello indien. Le préjugé de race est intense, et même dans la libre Angleterre, nous sommes considérés comme une "race inférieure". Cette même note vibre dans vos propres remarques sur "un homme du peuple sans usage des bonnes manières" et "un étranger, mais un gentleman", celui-ci étant l’homme à préférer. Et il n’est pas probable que l’on excuserait chez un Hindou ce défaut de "bonnes manières", fût-il vingt fois "adepte" ; et ce même trait s’accuse dans la critique que fait le Vicomte Amberley du "Jésus sans éducation". Si vous aviez modifié votre phrase et dit : "un étranger mais pas un gentleman" (d’après les notions anglaises), vous n’auriez pas pu ajouter comme vous l’avez fait qu’il serait le plus apte. Pour cette raison, je répète que la majorité de nos Anglo-Indiens, pour qui le terme "Hindou" ou "Asiatique" est généralement lié à une idée vague et pourtant réelle de quelqu’un qui emploie ses doigts au lieu d’un morceau de batiste, et qui ignore le savon, préféreraient certainement un Américain à un "Tibétain graisseux".

Mais vous n’avez pas besoin de trembler pour moi. Toutes les fois que j’apparaîtrai (soit astralement, soit physiquement) devant mon ami A.P. Sinnett, je n’oublierai pas de dépenser une certaine somme à l’achat d’un carré de la plus fine soie de Chine pour mettre dans la poche de mon chogga, ni de créer une atmosphère de bois de santal ou de roses du Cachemire. C’est le moins que je puisse faire en réparation de la conduite de mes compatriotes. Mais, comme vous le voyez, je ne suis que l’esclave de mes maîtres ; et si je suis autorisé à donner cours à mes sentiments amicaux pour vous et à m’occuper de vous individuellement, il peut m’être interdit d’en faire autant pour d’autres. Et même, à dire vrai, je sais qu’il ne m’est pas permis de le faire, et la malheureuse lettre de M. Hume y a fort contribué. Il y a une section ou un groupe spécial de notre fraternité, qui s’occupe des arrivées fortuites et très rares parmi nous d’hommes d’une autre race, d’un autre sang et qui, pendant ce siècle, fit franchir le seuil au capitaine Remington et à deux autres Anglais. Et ces "Frères" - là n’usent généralement pas d’extraits de fleurs.

Ainsi, l’épreuve du 27 n’était pas un phénomène probant ?

Naturellement, naturellement. Mais avez-vous tenté de vous procurer, comme vous aviez dit que vous le feriez, le manuscrit original de la dépêche de Jhelum ? Quand même il serait prouvé que notre creuse mais pléthorique amie Mme B., est ma multum in parvo, celle qui écrit mes lettres et qu’elle fabrique mes épîtres, cependant, à moins d’être douée d’ubiquité ou d’avoir le don de voler d’Amritsar à Jhelum - une distance de plus de 200 miles - en deux minutes, comment aurait-elle pu avoir écrit pour moi la dépêche, de ma propre écriture, à Jhelum, à peine deux heures après que votre lettre eût été reçue par elle à Amritsar ! C’est pourquoi je n’étais pas fâché que vous vouliez vous la faire envoyer, car si vous aviez cette dépêche en votre possession, aucun "détracteur" ne serait bien convaincant et même la logique sceptique de M. Hume ne pourrait prévaloir.

Naturellement, vous imaginez que la "révélation sans indication des noms" (qui est maintenant répétée en Angleterre) aurait été attaquée encore bien plus ardemment qu’elle ne le fut par le Time of India si elle avait révélé les noms. Mais ici, encore, je vais vous prouver que vous vous trompez. Si vous aviez, le premier, imprimé le compte-rendu, le T. of I. n’aurait jamais publié : "Un jour avec Mme B.", puisque ce joli morceau de "recherche du sensationnel" américain n’aurait pas été du tout écrit par Olcott. Il n’aurait pas eu sa raison d’être. Soucieux de réunir pour sa Société toutes les preuves corroborant les pouvoirs occultes de ce qu’il appelle la première section, et voyant que vous gardiez le silence, notre brave Colonel sentit la main lui démanger, jusqu’à ce qu’il eût tout amené à la lumière, et... tout plongé dans l’obscurité et la consternation !... "Et voici pourquoi nous n’irons plus au bois" comme dit la chanson française. Aviez-vous écrit "tune" ? Bien, bien ; il faut que je vous demande de m’acheter une paire de lunettes à Londres. Et cependant, hors de "tune" (ton), ou de "time" c’est tout un semble t-il. Mais vous devriez adopter mon habitude démodée de mettre des "petits traits" sur les "m". Ces traits sont utiles, quoiqu’ils soient "hors du ton et de la mesure" par rapport à la calligraphie moderne. En outre, voulez-vous vous souvenir que mes lettres ne sont pas écrites, mais empreintes ou précipitées, et qu’ensuite toutes les erreurs sont corrigées.

Nous ne discuterons pas à présent pour savoir si vos buts et objets diffèrent tellement de ceux de M. Hume. Mais si celui-ci peut être poussé par une "philanthropie plus pure et plus large", sa façon de travailler pour atteindre ces buts ne le mènera jamais plus loin que des dissertations purement théoriques sur le sujet. Inutile maintenant d’essayer de le représenter sous un autre jour. Sa lettre que vous lirez bientôt, est, comme je le lui dis, "un monument d’orgueil et d’égoïsme inconscient". C’est un homme trop juste et trop supérieur pour être coupable de vanités mesquines ; mais son orgueil supérieur se hausse à l’égal du mythique Lucifer ; et vous pouvez me croire - si j’ai quelque expérience de la nature humaine - quand je vous dis que c’est là Hume au naturel. Ce n’est pas de ma part une conclusion hâtive basée sur quelque sentiment personnel, mais l’opinion du plus grand de nos adeptes vivants, le Shaberon de Than-La. Quelle que soit la question qu’il aborde, sa manière de la traiter est la même : une détermination opiniâtre ou bien de tout faire cadrer avec ses propres opinions, arrêtées à l’avance, ou bien de tout balayer par un flot de critiques ironiques et hostiles. M. Hume est un homme très habile et... Hume jusqu’à la moelle. Un tel état d’esprit a peu d’attraits, vous le comprendrez, pour ceux d’entre nous qui pourraient être tentés de lui venir en aide.

Non ; je ne "méprise" pas et je ne mépriserai jamais aucun "sentiment", quel que soit le degré avec lequel il heurte mes propres principes, quand il est exprimé aussi franchement et ouvertement que le vôtre. Vous êtes peut-être et même certainement mû par plus d’égotisme que de large bienveillance pour l’humanité. Cependant, comme vous le confessez sans monter sur des échasses philanthropiques, je vous dis franchement que vous avez bien plus de chances que M. Hume d’apprendre une bonne dose d’occultisme. En ce qui me concerne, je ferai tout ce que je pourrai pour vous, dans les circonstances actuelles, freiné comme je le suis par des ordres récents. Je ne vous dirai pas d’abandonner ceci ou cela, car à moins que vous ne montriez qu’à n’en pas douter il existe en vous les germes nécessaires, ce serait aussi inutile que cruel. Mais je dis : Essayez. Ne désespérez pas. Adjoignez-vous quelques hommes et quelques femmes déterminés et faites des expériences de mesmérisme et les habituels phénomènes prétendument "spirituels". Si vous agissez en accord avec les méthodes prescrites, vous êtes sûr d’obtenir finalement des résultats. En dehors de cela, je ferai de mon mieux, et - qui sait ? La volonté forte est créatrice et la sympathie attire même les adeptes dont les lois s’opposent à ce qu’ils se mêlent aux non-initiés. Si vous y consentez, je vous enverrai un Essai montrant pourquoi en Europe plus qu’ailleurs une "Fraternité Universelle", c’est-à-dire une association "d’affinités" de forces et de polarités magnétiques et puissantes encore que dissemblables, centrées autour d’une idée dominante, est nécessaire pour obtenir des résultats en sciences occultes. Ce qu’un seul ne réussira pas, plusieurs membres le réaliseront. Naturellement, vous aurez (au cas où vous organiserez quelque chose) à l’édifier avec Olcott, en tant que chef de la Société-Mère, et, de ce fait, président nominal de toutes les Branches existantes. Mais il ne sera pas plus votre "chef" qu’il n’est celui de la Société Théosophique Britannique, laquelle a son propre Président, ses propres Statuts et règlements. Il vous donnera votre charte et c’est tout. En quelques occasions, il aura à signer un papier ou deux - quatre fois par an les compte rendus envoyés par votre Secrétaire ; néanmoins, il n’a pas le droit d’intervenir dans votre administration ou dans votre manière d’agir, tant que celles-ci n’enfreignent pas les Statuts généraux ; et certainement il n’a ni la faculté, ni le désir d’être votre chef. Et naturellement vous (c’est-à-dire la Société tout entière) aurez, outre votre Président, choisi par vous-même, un "professeur qualifié d’occultisme" pour vous instruire.

Mais, mon bon ami, abandonnez toute idée que ce "Professeur" puisse physiquement apparaître pour vous instruire, pendant des années. Je pourrai venir à vous personnellement - à moins que vous ne m’éloigniez comme le fit M. Hume - je ne peux pas venir pour tous. Vous pouvez obtenir des phénomènes et des preuves, mais même si vous veniez à tomber dans la vieille erreur de les attribuer aux "Esprits", nous, ne pourrions vous montrer votre erreur que par des explications philosophiques et logiques ; aucun adepte ne pourrait être autorisé à assister à vos séances. Bien sûr, il faut écrire votre livre. Je ne vois pas pourquoi en tout cas ce serait impossible. Ecrivez-le donc, et toute l’aide que je pourrai vous donner, je vous la donnerai. Vous devriez entrer immédiatement en correspondance avec Lord Lindsay, et prendre pour sujet les phénomènes de Simla et votre correspondance avec moi. Il est intensément intéressé par toutes ces expériences, et étant théosophe et membre du Conseil Général, il répondra sûrement à vos avances. Basez-vous sur le fait que vous appartenez à la Société Théosophique, que vous êtes le directeur bien connu du Pioneer et que, sachant quel grand intérêt il prend aux phénomènes "spirituels", vous lui soumettez les choses très extraordinaires qui eurent lieu à Simla, avec tels et tels détails additionnels qui n’ont pas été publiés. Les meilleurs des spirites britanniques pourraient, si l’on s’y prend bien, être convertis en Théosophes. Mais ni le Dr Wyld, ni M. Massey ne semblent avoir la force nécessaire. Je vous conseille de conférer personnellement avec Lord Lindsay sur la situation théosophique en Angleterre et dans l’Inde. Peut-être pourriez-vous travailler ensemble tous les deux.

La correspondance que je suggère maintenant frayera le chemin. Même si Mme B. pouvait "être amenée" à donner à la Société Anglo-indienne quelque "instruction pratique", je crains qu’elle ne soit demeurée trop longtemps en dehors de l’adytum pour être de grande utilité pour des explications pratiques. Cependant, bien que cela ne dépende pas de moi, je verrai ce que je peux faire dans ce sens. Mais je crains qu’elle n’ait terriblement besoin de quelques mois de villégiature régénératrice sur les glaciers, avec son vieux Maître, avant qu’on ne puisse lui confier une tâche si difficile. Soyez très prudent avec elle au cas où elle, s’arrêterait chez vous en retournant chez elle. Son système nerveux est terriblement ébranlé, et il exige beaucoup d’attentions. Voulez-vous, je vous prie, m’épargner une peine inutile en m’informant de l’année, de la date et de l’heure de la naissance de Mme Sinnett.

Toujours sincèrement vôtre,

KOOT’ HOOMI


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